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  • Nos artistes aux colonies

    Sociétés, expositions et revues dans l'empire francais, 1851-1940.

    Si les études coloniales et postcoloniales se développent avec succès, l’histoire de l’art n’a pas encore livré une contribution significative, hormis quelques biographies. Pourtant la question d’un « art colonial », trop exclusivement abordée par le biais de ses fonctions , notamment de propagande, en métropole et dans colonies, est pourtant essentielle pour comprendre la spécificité de la culture visuelle, fruit d'un véritable système. Les essais réunis ici privilégient en conséquence l’analyse des sociétés artistiques, souvent méconnues et des modes de diffusion, salons, expositions et revues ; ils contribuent ainsi à la reconstitution indispensable  de cette production artistique coloniale, largement perdue ou inaccessible, souvent signée par des artistes spécialisés. D'Alger à Dakar, d'Hanoï à Pointe-à-Pitre, en passant par les bureaux des rédactions, s'esquissent bien des enjeux et des ambivalences de la politique impériale française. S’y lisent aussi les complexités d’un siècle qui vit à la fois l’extension coloniale maximale, des bouleversements majeurs dans la fonction sociale des arts, l’apogée d’une confrontation directe à une altérité que « nos artistes coloniaux » tendaient à la fois à exalter et à réduire à des stéréotypes.
    Cet ouvrage, réalisé dans le cadre du Centre F.G. Pariset de l'Université Bordeaux Montaigne qui poursuit des recherches sur les arts coloniaux, réunit des essais et offre d'abondantes annexes en vue de servir d'instrument de recherche pour un champ en développement.

     

    Les auteurs

    Anne-Sophie Aguilar, René-Augustin Bougourd, Adrien Eudeline, Laurent Houssais, Dominique Jarrassé, Marion Lagrange, Christelle Lozère-Bernard, Catherine Méneux.

    19.00 €
  • Edouard Moyse ou la peinture israélite (1827-1908)

    Édouard Moyse (1827-1908) est un peintre d’origine lorraine qui s’est attaché à développer une œuvre de genre israélite, selon la formule de l’époque. Il est le maître incontesté de ce type de peinture pratiquée en Allemagne par Moritz Oppenheim ou en Pologne par Maurycy Gottlieb. Si quelques autres peintres comme Édouard Brandon ou Alphonse Lévy ont aussi traité de scènes de la vie juive, Moyse s’en est fait une spécialité au point d’être surnommé « le peintre des rabbins ». Chantre de l’israélitisme ou franco-judaïsme, il en représente le moment fondateur, le Grand Sanhédrin institué par Napoléon en 1806, pour marquer son adhésion à cet idéal. Il a aussi donné une magnifique série de pastels sur les Juifs d’Algérie.

    Moyse traite de deux thèmes majeurs répondant à sa volonté, d’une part, de faire connaître le judaïsme et ses valeurs en les intégrant à la culture française, et, d’autre part, de défendre les Juifs face à la montée de l’antisémitisme, en recourant à des scènes historiques. Car peintre académique, il ne peut montrer directement son engagement politique, mais le transpose en présentant au Salon de 1895 Une famille juive insulte par les truands dont les commentateurs n’ont pas manqué de percevoir le message en réponse à Drumont… Moyse appartient à la même génération qu’Osiris (1825-1907) et en partage les valeurs juives et françaises.
    Jean Bernheim, esquissant un essai sur cette « peinture israélite » nous fait découvrir qu’au-delà des scènes religieuses, Moyse nourrissait l’ambition de mettre l’art au service d’un humanisme et d’une spiritualité partagée entre toutes les confessions.

    32.00 €
  • Osiris, mécène juif et nationaliste français

    Qu’y a-t-il de commun entre offrir à l'Etat le château de Malmaison restauré, ériger une statue de Jeanne d’Arc à Nancy ou de Guillaume Tell à Lausanne, acheter un cru de Sauternes, collectionner les reliques napoléoniennes, ouvrir pour les déshérités du port de Bordeaux un « bateau-soupe », véritable ancêtre des « restos du Coeur », rêver de restaurer le Temple de Jérusalem, et à défaut, financer une huitaine de synagogues, de Paris à Tunis, ou encore léguer une trentaine de millions à l’Institut Pasteur?


    Ce sont quelques oeuvres originales d’un homme, Daniel Iffla (1825-1907), qui, sous le pseudonyme plus romanesque d’Osiris, voue sa fortune de brillant financier au mécénat, selon une mystique incarnant ses valeurs philanthropiques et nationalistes à travers un panthéon où se croisent Moïse, Jeanne d’Arc, Napoléon, Pasteur…


    Mais c’est aussi une blessure profonde, un amour de jeunesse, qui lui inspire ses fondations médicales et ce culte mélancolique de la commémoration. Romantique attardé dans la société de la Belle Époque, dont il est néanmoins une figure brillante, Osiris conserve toute sa vie le souvenir de sa femme morte en couches. Il n’écrit pas ses mémoires, mais rédige une série de testaments qui laissent entrevoir les sentiments qui l’animaient et les valeurs qu’il partageait avec un siècle dominé par la foi en la science et en l’homme, combinée chez lui avec une fidélité indéfectible au judaïsme et à sa patrie.

    25.00 €
  • ARACHNÉ

    La tapisserie a longtemps été étroitement liée à la peinture, puis à l’architecture. Elle est aujourd’hui rangée parmi les arts décoratifs qui constituent une des quatre catégories d’arts, la plus récente puisqu’elle a ainsi été désignée au cours du XIX e siècle, les trois autres plus anciennes, la peinture, la sculpture et l’architecture, composant ce qu’il est convenu d’appeler les beaux-arts. Les arts décoratifs sont définis par trois qualités : 1) leur capacité à orner, à décorer ; 2) leur fonctionnalité, les arts décoratifs sont utiles ; 3) leur caractère multiple, ce qui renvoie à la notion de reproductibilité. Ils sont généralement étudiés selon trois principes directeurs : la fonction, la technique et le style. Cet ouvrage a pour objet d’analyser la façon dont les notions fondamentales que sous-tend l’art de la tapisserie ont été utilisées dans l’écriture de l’histoire et d’étudier les conditions de l’élaboration de cette histoire, tant d’un point de vue historique, qu’institutionnel, philosophique et idéologique. Cela nécessite de replacer cette histoire au sein de l’histoire des arts décoratifs et celle-ci à l’intérieur de l’histoire de l’art. Il résulte essentiellement des travaux d’un séminaire tenu dans le cadre d’un programme de recherche en sciences humaines et sociales : « Arachné ».

    22.00 €
  • Le récit de l'histoire de l'art

    Interroger l’écriture de l’histoire de l’art constitue une des préoccupations les plus délicates, encore confidentielles, de nos confrères. Si les historiens, les littéraires et les philosophes ont maintes fois réexaminé leur langage, où se place l’historien de l’art par rapport à ses mots, à ses discours ? L’organisation des faits historiques, la mise en œuvre de dispositifs rhétoriques et le choix des termes, qu’ils soient descriptifs ou analytiques, n’ont rien d’opérations gratuites. Ils sont porteurs de concepts, de lieux communs et d’intrigues que les essais réunis ici explorent. Ces derniers tracent les linéaments des écritures institutionnelles, idéologiques et narratives de l’histoire de l’art telles qu’elles ont pu se développer de la fin du XIX e siècle jusqu’aux années 1980. De la nécessaire attitude réflexive que convoque l’analyse de l’écriture émergent les enjeux méthodologiques de ce travail de déconstruction. Si la contextualisation historique est privilégiée, la sémiologie et la narratologie offrent d’autres voies possibles pour interroger le récit de l’histoire de l’art.

    21.00 €